À propos de la maman

Je m’appelle Pascale, c’est moi la maman d’Adam qui écrit la majorité des articles de ce blog. Dans ce blog, j’exprime souvent mes états d’âmes, mais aussi je donne des nouvelles de notre petit héros. Cela permet à notre entourage de savoir ce qui se passe de bon et de mauvais dans notre vie.

Avant, j’aurais eu plus de facilité à parler de moi. J’aurais mentionné que j’aime la danse, le yoga, la lecture et que mes plaisirs coupables sont le chocolat et le magasinage.  Mais maintenant, tout cela m’apparaît tellement futile et j’ai de la difficulté à me décrire autrement que « je suis la maman d’Adam ». Il ne s’agit pas d’une mauvaise chose, au contraire.  Je suis convaincue que plusieurs nouvelles mamans vivent la même chose. S’oublier pour son enfant fait partie du contrat de la vie de maman. Mais disons que dans mon cas, c’est beaucoup plus extrême. Depuis la naissance de mon fils, toute ma vie a été mise de côté. J’ai vécu 7 mois à l’hôpital à craindre sa mort. Rien n’était plus important à mes yeux que d’être au chevet de mon enfant et de profiter de chaque moment. Donc tout le reste, je m’en foutais : mes loisirs, ma coupe de cheveux, mon poids d’après accouchement… Dans ma tête, il n’y avait pas de place pour autre chose que mon enfant et je me suis complètement déconnectée du reste du monde. Lorsque je sortais faire quelques courses au centre d’achats en face de l’hôpital, je marchais parmi la foule et je me sentais comme une extra-terrestre. J’observais les jeunes filles jaser et rire comme je l’ai déjà fait et j’enviais leur innocence. Je trouvais cela tellement injuste de voir tous ces gens qui semblaient avoir le cœur léger alors que moi, je n’avais pas cette chance. Moi je m’accordais une petite pause avant de retourner dans mon combat quotidien contre la maladie de mon fils.

La seule autre chose dans laquelle je continuais de mettre de l’énergie : mon couple. Mon point d’ancrage, mon pilier, la source de toute ma force et de mon amour c’est mon couple. Grâce à mon couple solide, j’ai pu garder malgré tout les pieds sur terre.

Je ne peux désormais plus me définir par mon travail non plus, car Adam est trop fragile pour fréquenter la garderie. Avec des malformation cardiaques et pulmonaires, le moindre petit rhume peut se compliquer et se transformer rapidement en pneumonie. Je dois donc délaisser un travail que j’aimais pour devenir à la fois une maman à la maison, une maman-infirmière et une maman-gestionnaire de l’agenda bien garni de rendez-vous médicaux pour mon fils!

Il est donc difficile en ce moment de vous parler de moi. Je n’ai pas encore retrouvé l’équilibre dans ma vie pour savoir qui je suis maintenant que je suis maman, que je ne vis plus à l’hôpital et que mon fils n’est plus entre la vie et la mort.

Alors, je me définie principalement comme la maman d’Adam. Il est ma priorité en ce moment et on dirait que depuis qu’il fait partie de ma vie, c’est le centre de mon univers.

Je ne m’oublie pas, je sais que je suis là quelque part…laissez-moi le temps de reprendre mon souffle, de retrouver mon équilibre  et je vous en reparle… en attendant, merci de prendre le temps de me lire! xoxox

Survivre le Syndrome du Cimeterre